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Energie à partager
Depuis son accident de moto, en 2003, Yolaine Cotte-verdy s’est battue comme une forcenée pour survivre, puis remarcher. Cette ex-décoratrice présente désormais Handiversité, un magazine sur le handicap diffusé depuis octobre dernier sur handi.tv
« J’ai longtemps cherché quelle était ma mission. Aujourd’hui, je pense avoir trouvé ». Yolaine Cotte-Verdy n’imagine pas avoir échappé deux fois à la mort en vain. En août 2003, elle est victime d’un accident de moto. « J’ai eu une chance inouïe de ne pas y rester, alors que je n’avais pas de casque. » Mais la moelle épinière a été touchée et les médecins diagnostiquent une paraplégie. La seconde fois, quelques mois après sa chute, elle triomphe d’un combat pourtant perdu d’avance contre une maladie nosocomiale. « J’ai passé quatre à cinq mois entre la vie et la mort, dans une chambre stérile. J’ai été la première à survivre à cette infection. » Ajoutons à la liste un troisième « miracle » : contrairement à toutes les attentes, elle remarche, et c’est debout que cette Aixoise de 36 ans, visage rieur, crinière bouclée, présente Handiversité, un magazine diffusé depuis octobre 2009 sur handi.tv.
CINQ HEURES DE KINE PAR JOUR
C’est d’abord sa force de caractère que Yolaine Cotte-Verdy doit d’être encore de ce monde, et sur ses deux jambes. A son humour, qui ne l’a pas quittée même dans les heures les plus noires, et à sa volonté. Sur son lit d’hôpital, elle bombarde les médecins de questions, se sèvre peu à peu de médicaments qui la rendent moins lucide, même si c’est au prix d’une plus grande souffrance… « Lorsque nous étions plus jeunes, mon frère aîné me poussait constamment dans mes retranchements. Et il continue à le faire. Il m’a « élevée » comme une guerrière »
A peine rétablie, la guerrière repart au combat, à raison de cinq heures de kiné par jour pendant trois ans ! « J’ai souffert à en pleurer pendant les séances, mais ma volonté était plus forte que la douleur. Deux mois après l’accident, j’avais senti mes orteils bouger. Je me suis engouffrée dans cette « faille » et peu à peu, j’ai récupéré. » « Les médecins m’avaient dit qu’elle avait 2% de chances de remarcher, se rappelle Renald Cotte-Verdy, son frère. Je lui ai mis le marché en mains, en la prévenant qu’elle devait désormais se considérer comme une athlète de haut niveau si elle voulait saisir cette chance. Je l’ai aidée à organiser « la résistance » ; je ne l’ai pas lâchée ; sa volonté et son énergie débordantes ont fait le reste. »
Yolaine Cotte-verdy entreprend même, en 2007, une escapade sur les sentiers de la plus haute montagne d’Afrique, en compagnie d’une dizaine d’autres volontaires handicapés, pour une émission produite par TF1 : Kilimandjaro, au delà des limites. Quand elle est partie, elle ne pouvait pas marcher plus d’une demi-heure d’affilée, sans faire une pause toutes les dix minutes. A la fin, elle enchaînait dix heures par jour.
Aujourd’hui, Yolaine Cotte-verdy ne se déplace plus qu’en marchant, avec l’aide de cannes. Et si elle a arrêté la kiné, elle continue à s’entraîner sous la houlette d’un coach sportif.
« Ce n’est pas que je refuse mon handicap mais je veux donner mon maximum pour ne pas avoir de regrets. Et je pense que je peux encore progresser. Sans doute même arriver à marcher sans cannes » avoue-t-elle … Sans doute même arriver sans cannes » avoue-t-elle… pas tout à fait convaincue. Car plus elle avance, plus elle réalise le prix à payer. « Tout est effort : me lever, marcher, m’asseoir. En plus, je souffre de douleurs neurologiques qui ne me quittent pas. Moi qui était très spontanée, adorais danser, bouger, faire du sport, je ne m’amuse plus avec mon corps. Je me « traîne » alors que j’étais super speed, super efficace. » La jeune femme qui travaillait avant son accident comme décoratrice et costumière pour des clips, des séries ou films, n’a pas grand espoir de retrouver du boulot dans un milieu qui exige « d’être toujours à 200% ». « Mon handicap m’empêche fondamentalement d’être celle que j’étais avant. Mais il m’a aussi ouvert sur un nouveau monde de perspectives sensibles. Je suis beaucoup plus réceptive à tout, beaucoup plus marquée par ce qui se passe autour de moi ».
NOUVELLE STAR
Une semaine après son retour de Tanzanie, Yolaine Cotte-verdy s’est inscrite à La Nouvelle Star, le radio-crochet télévisé de M6. Pour se lancer un nouveau défi et parce qu’elle a toujours aimé chanter. Elle finira parmi les 25 derniers candidats. « Je ne m’attendais pas à susciter autant de réactions. Parfois négatives, dans certains articles où les journalistes me reprochaient de rechercher la notoriété à tout prix, mais le plus souvent positives. Beaucoup de gens venaient spontanément me voir dans la rue pour me dire que mon combat pour avoir une vie qui me ressemble les avait beaucoup touchés, qu’il leur redonnait envie d’avoir envie. C’est pour ça que j’ai accepté la proposition de Stéphane Thau de présenter le magazine.»
« J’avais été séduit, en la voyant dans ces émissions, par sa spontanéité, son énergie et son côté décalé, explique le producteur de l’émission Handiversité. Je n’ai pas été déçu. » Yolaine Cotte-Verdy apporte au magazine sa fraîcheur et sa décontraction, mais aussi sa capacité à rapidement briser la glace avec les gens qu’elle rencontre.
« Nous voulons donner une image positive du handicap, en mettant en avant des initiatives intéressantes, qu’elles soient culturelles, sportives, ou sociales, précise la présentatrice. Mon but, c’est que les valides ne zappent pas, qu’ils se sentent eux aussi concernés par les sujets que nous traitons. Je veux donner de l’énergie à tous ceux qui nous regardent. » Noble mission.
Un magazine de qualité
Handiversité est un magazine mensuel de 26 minutes sur l’actualité du handicap en Provence Alpes Côte d’Azur. Mais les reportages, de très bonne qualité, peuvent intéresser un public plus large que les habitants de la région. Handiversité est diffusé sur www.handi.tv ainsi que sur plusieurs chaînes locales : LCM, Canal Maritima, APHM Télévision et Télé Locale Provence.

Yolaine Cotte-Verdy, au nom d'elle-même
Elle a gravi le Kilimandjaro, forcé les portes de la Nouvelle star, démontré qu’on pouvait se relever des peaux de banane que la vie glisse sur votre chemin. La voilà qui revient comme présentatrice d’une émission sur le handicap. On l’a découverte à la télévision. Vraie présence, jolie fraîcheur, toute en charme et en tonus, face aux caméras de TF1 et de M6. Elle a d’abord gravi les sommets de Tanzanie, puis participé à l’émission-casting de l’ex-petite chaîne qui monte. Une exposition médiatique d’autant plus forte que les deux programmes ont été diffusés au même moment, bien que tournés à plusieurs mois d’intervalle. De quoi toucher du doigt l’hyper médiatisation et ses revers. « Je n’avais pas prévu ça », reconnaît-elle. « Tout d’un coup, on vous arrête dans la rue, les gens se mettent à écrire sur vous sur Internet... »
Elle a lu des choses dures. Certains criant aux larmes de crocodile à propos de celles qu’elle a parfois laissées échapper, sous l’effet conjugué de la pression, la fatigue et du stress. D’autres - comme ces journaux pour qui elle était devenue « l’handicapée de la Une et de la Six qui aime tellement la télé » - lui ont reproché de rechercher la notoriété à tout prix. Assurant même qu’elle n’était pas handicapée, elle à qui il a fallu quatre longues années avant de marcher à nouveau, à force de souffrance, de détermination et d’efforts, alors que les médecins ne donnaient pas cher de ses jambes après son accident de moto. « Je n’osais plus sortir de chez moi », raconte l’Aixoise, deux ans plus tard. « J’avais l’impression de devoir me justifier de ce que je faisais et qu’on allait me jeter des pierres ».
On la retrouve en pleine forme. A la présentation d’une nouvelle émission consacrée au handicap et produite à Marseille : le Magazine Handiversité, diffusé sur Internet et plusieurs chaînes de télévision locales. Un engagement dans lequel elle croit très fort et s’investit pleinement. Décidée à imposer sa touche personnelle, faite d’un mélange d’humour, de décontraction et d’une petite note décalée. « C’est la seule chose qui peut nous en sortir », confie soudainement cette fille d’un pilote de l’armée de l’air. « Et ça m’amuse qu’on fasse appel à moi pour un magazine très sérieux ».
Visiblement, son producteur est sous le charme. « Elle a un peps et une énergie mentale énormes » souligne Stéphane Thau, qui assure qu’il ne se serait pas lancé sans elle. Il faut dire que la miss n’a pas son pareil pour mettre de l’ambiance. Avec une joie de vivre qui a vite fait de déteindre sur son entourage, en mettant tout le monde à l’aise. « Je n’ai pas d’autre ambition que d’être épanouie », reprend-elle encore. « Quand je sens que je fane, ou que je ne suis pas où j’aimerais être, je m’en vais ».

Handi.tv : l'autre télévision
Le pari qu’avait pris Stéphane Thau et son équipe de fabriquer de toute pièce une « web-tv » consacrée au handicap n’était vraiment pas facile à gagner. Pourtant, il semble qu’Handi.Tv soit sur les rails. Le 24 septembre dernier, Stéphane Thau réunissait au Conseil Général des Bouches-du-Rhône tout un parterre d’associatifs et de professionnels du handicap pour la projection du premier mensuel d’Handi.Tv baptisé « Handiversité, le mag. »
Ce magazine de 26 minutes est entièrement dédié aux personnes handicapées et présenté par Yolaine Cotte Verdy (voir portrait express plus bas). Volontairement régional, cette édition PACA s’articule autour de rubriques qui seront fixes pendant ce rendez-vous mensuel : Handi-tourisme, emploi et juridique. Pour Gaby Charroux, conseiller général délégué aux personnes handicapées du CG13 et maire de Martigues « une émission de ce type manquait énormément dans le paysage de l’accompagnement des personnes handicapées. Le Conseil Général des Bouches du Rhône soutient et accompagne la démarche d’Handi.tv ; il y a des bastilles à prendre dans le domaine du handicap et gagner peu à peu dans la banalisation ; Handi.Tv est un outil supplémentaire pour la sensibilisation ».
Parmi les partenaires d’Handi.tv, le cabinet d’avocats Preziosi & Ceccaldi (spécialisé dans l’indemnisation des victimes) joue un rôle actif, puisqu’il est en charge de la partie juridique (défense des droits) du magazine. « Nous avons été emballé par la démarche de Stéphane Thau et d’Handi.tv : sans information, on ne peut accéder à ses droits. Handi.tv est un facilitateur et comme nous nous considérons aussi comme des facilitateurs, le partenariat s’imposait. » Au delà de sa participation au magazine Handiversité, le cabinet Preziosi Ceccaldi a édité, en collaboration avec Handi.Tv, un coffret de DVD « guide de l’indemnisation des victimes de dommages corporels», disponibles gratuitement.
En réussissant avec son équipe (une quinzaine de collaborateurs) à créer de vrais programmes en multi diffusion, Stéphane Thau prouve qu’il n’est nul besoin de venir du monde du handicap pour être pertinent dans le domaine. Nouveau média, nouveau point de vue, le tout avec un ton rafraîchissant, Handi.tv et ses programmes ont à coup sûr, de beaux jours devant eux… pourvu que l’audience et les budgets suivent dans le temps.
Portrait express : Yolaine Cotte Verdy, charme & handicap.
Décoratrice pour des clips (Dany Brillant, Hélène Ségara, Florent Pagny...), des séries (un gars et une fille) ou des téléfilms, Yolaine Cotte Verdy est aussi costumière, notamment sur la série TV « H », sur des publicités ou encore des longs- métrages (jeux d’enfants). C’est à la suite du dernier film qu’elle fera (Neg maron), en Août 2003, qu’elle a un accident de moto sur l’île de St martin aux Antilles. Polytraumatisée, la colonne vertébrale brisée, deux infections nosocomiales contractées dont une très grave et plusieurs fois opérée, Yolaine fait mentir les médecins ; non seulement elle survit mais ses jambes rebougent... Un coup de pouce du destin, 15 mois d’hospitalisation, 5 heures de kiné par jour et une bonne dose d’humour et de stoïcisme remettent Yolaine debout.
On a tous vu Yolaine Cotte Verdy sur le petit écran ; mais si, souvenez-vous : Yolaine avait participé aux sélections de « La Nouvelle Star » sur M6 et participé, fin 2007, à l’expédition « Kilimandjaro, au delà des limites » filmée par et diffusée en prime time par TF1. Contactée par l’équipe d’Handi.tv pour la présentation de ses émissions, elle raconte : « Au départ, j’étais plutôt dubitative sur cette idée d’émission spécialisée ; mais j’ai quand même rencontré Stéphane Thau. Le fait qu’il ne vienne pas du handicap m’a plutôt séduite et j’ai accepté de présenter par ouverture d’esprit et par volonté d’être sans pathos ni commisération. J’ai envie de parler de handicap comme d’autres thèmes, sans ghettoïsation ». Concernant son aventure avec TF1, Yolaine est restée sur sa faim quant au résultat final – le « documentaire ». « Dans le montage, ils ont complètement laissé de côté tout l’humour et la dédramatisation du handicap ; j’ai des souvenirs de dialogues croustillants qui ont été zappés. C’est vraiment dommage. Quant à l’aventure elle même, j’en garde un souvenir unique, mélange de découverte et de défis. Je ne regrette vraiment pas d’avoir vécu cette équipée ».
Véritable égérie de la chaîne, Yolaine est plus qu’à l’aise dans la présentation des programmes d’Handi.tv. Mais elle tient à ne pas être porte parole de la cause du handicap, juste une actrice… Et nul doute que la présentation des programmes d’Handi.Tv la propulsera vers d’autres horizons.

Une émission accessible à tous
En avant-première hier à l'hôtel du département, Handi TV a diffusé son magazine Handiversité. Cette nouvelle émission d'information de 26 minutes explorera des thématiques liées au handicap.
Pas question pour autant de s'adresser uniquement aux personnes non valides. Bien au contraire..."Ce n'est pas un programme de ghettoîsation" assure Stéphane Thau, fondateur de Handi.tv.
Au sommaire: une chronique juridique et des reportages (tourisme, sport, insertion professionnelle et culture). Le fil rouge reliant tous ces sujets consistera à banaliser le handicap. En témoigne le premier numéro d'Handi TV qui jongle entre un gîte rural disposant d'une chambre adaptée, un club de sport offrant des activités nautiques accessibles à tous ou un dispositif de l'AGEFIPH ayant permis à un charpentier atteint d'une maladie invalidante de poursuivre son activité.
La "banalisation", c'est d'ailleurs ce que vise le conseiller général Gaby Charroux qui soutient ce projet. "Il y a encore des Bastions à faire tomber" insiste l'élu. Aussi s'agit-il pour Yolaine Cotte-Verdy, présentatrice de l'émission, "de montrer que ce qu'on propose aux personnes handicapées convient aussi au monde des valides". Décloisonner et changer les mentalités, voici l'objectif d'Handi TV...

Les trésors cachés des Handi-Web TV
... L'esprit média solidaire s'affiche aussi mais avec davantage de professionnalisme, sur Handi TV, "le handicap autrement", à l'adresse www.handi.tv, créée en juin 2008. "Chacun peut devenir acteur du changement, acteur d'une meilleure intégration du handicap" affirme son directeur-fondateur, Stéphane Thau. Entouré d'une dizaine de pigistes sélectionnés pour leurs compétences, ce consultant en stratégie, "habitué à définir des concepts et à les manager, propose une bonne quantité de vidéos dans six rubriques, baptisées "chaînes thématiques", en relation avec le handicap. Certaines vidéos sont sous-titrées pour les malentendants, avant la mise en place d'autres adaptations à leur intention. "C'est en 2009 que la chaîne va prendre son essor. Avec elle, j'ai voulu donner une dimension nouvelle au portail communautaire www.handivox.com qui reçoit 20 000 visites par mois...

